Chorégraphe canadienne basée à Montréal où elle a fondé la compagnie Mayday, Mélanie Demers affiche un parcours qui témoigne de sa détermination à parfaire son art et à mettre son talent au service d’une danse qui a de l’âme. Ses œuvres théâtrales aux résonnances surréalistes impressionnent par la puissance d’impact d'une poésie crue qui questionne l’état du monde et les responsabilités individuelles.
Née à Montréal en 1974, Mélanie Demers étudie la danse, la littérature et le théâtre à Québec avant de revenir dans sa ville natale pour suivre une formation d'interprète à LADMMI, l’école de danse contemporaine. Elle en ressort diplômée en 1996 et fait ses débuts auprès de divers chorégraphes dont Danièle Desnoyers, Roger Sinha et Paula de Vasconcelos. Deux ans plus tard, elle est engagée par Ginette Laurin avec qui elle œuvrera pendant près de 10 ans tout en multipliant les collaborations avec des chorégraphes émergents. En parallèle à son activité d'interprète au sein de la compagnie O Vertigo, elle mène une carrière de chorégraphe amorcée dès sa sortie de l’école.
D'emblée, le travail de Mélanie Demers séduit par son originalité, sa richesse et sa complexité. Ses premières créations sont à la fantaisie et à la bonne humeur, même si elle explore déjà les zones sombres de la condition humaine. Légère et rafraichissante dans Les Oubliettes, Failles et Le même ciel, la théâtralité se fait plus grinçante dans Mayday, Mayday, créée en 2006 pour le collectif Échine Dô, préfigurant la dimension étrange qui la caractérise aujourd’hui. L’énergie explosive des débuts se relâche dans la sensualité de Transistor avant de se condenser dans l’intensité dramatique des œuvres plus récentes.
Artiste socialement engagée, Mélanie Demers voyage pour enseigner la danse au Kenya, au Niger, au Brésil et en Haïti, pays d'origine de son père, où elle s’implique dans le développement de deux centres culturels. La dure réalité des pays en voie de développement et du quotidien des populations défavorisées la conforte dans l’idée que l’art n’a de sens que par sa portée politique et sa capacité à susciter la réflexion. C’est dans cette perspective qu’elle crée Les Angles morts (2006), Sauver sa peau (2008) et Junkyard/Paradis (2010). Et c’est parce qu’elle croit qu’il reste toujours une raison d'espérer, même dans la pire situation, qu’elle baptise sa compagnie Mayday, créée en 2007.
À ce jour, Mélanie Demers compte une quinzaine de créations à son actif. Elle a présenté ses œuvres dans une trentaine de villes en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie.

Ce que la presse en dit…
Demers [...] s’aventure volontiers sur les chemins les moins fréquentés.Demers brings her social conscience to the dance scene with a highly creative work that manage to juggle the strange, the political and the humorous without ever dropping the balls. A call to action that is fuelled by the power of imagination.
S. Verstricht, Indyish, Janvier 08